Rue89 où l’art de sortir des articles pourris

J’utilise beaucoup Internet pour m’informer et je lis beaucoup de nouvelles, dépêches, articles sur des sites web. Parmi eux de grand quotidien (Le Monde, Le Figaro), mais également des sites internet plus spécialisés ainsi que des blogs d’amateurs qui produisent souvent des articles d’une grande qualité.
« Dans les nécrologies qui se sont multipliées après la mort de Steve Jobs, ce dernier était systématiquement dépeint en inventeur et un visionnaire à grande-échelle. Sa biographie suggère qu’il était en fait avant tout un bidouilleur. »
Pour avoir lu la biographie moi-même je peux dire que celle-ci ne suggère en aucun cas qu’il était un bidouilleur. Peut-être dans sa jeunesse lorsqu’il fabriqua avec Steve Wozniak la « Blue Box » mais très vite il ne faisait plus rien en terme de bidouillage électronique ou technique. Pour la conception de l’Apple c’est vraiment Steve Wozniak qui en fut à l’origine. Bill Gates se moquait même de Steve Jobs en disant qu’il n’y connaissait rien en programmation ce qui était vrai.
En parlant cette fois-ci du terme « bidouille », Rue89 explique ensuite :
« Le raisonnement est le même pour Steve Jobs et Apple : la souris et l’écran d’ordinateur existaient avant 1979 et la mise sur le marché du premier MacIntosh, les baladeurs numériques avant 2000 et la sortie de l’iPod, les smartphones avant 2007 et la présentation de l’iPhone les tablettes électroniques avant 2009 et l’apparition de l’iPad… »
Que ce soit lui-même ou ses équipes, Steve Jobs n’a pas bidouillé une machine existante et dans tous les cas il ne l’aurait jamais vraiment voulu. Par contre celui-ci s’est inspiré des modèles déjà existant par exemple pour l’interface graphique chez Xerox. Mais ce qui fait son génie et en partie celui de ses développeurs n’est pas d’avoir bidouillé l’interface graphique mais simplement de l’avoir rendu accessible au plus grand nombre et populaire. Au passage le Macintosh est sorti en 1984 et non en 1979.
De même pour les iPods, les baladeurs numériques existaient avant 2001 mais aucun de ces modèles ne possédaient la molette que l’on connaît aujourd’hui. De la même façon les transferts étaient extrêmement lents à cause de l’USB 1.0. Grâce à la technologie FireWire développé par Apple, les transferts de donnés se sont accélérées favorisant la croissance de ce type d’appareil. Encore un exemple de la popularisation et de la facilité d’accès aux nouvelles technologies.
Pour finir avec l’iPhone et l’iPad. Bien sûr il existait des modèles de smartphones avant 2007. Mais aucun d’eux ou presque n’utilisait le tactile multi-point et les constructeurs avaient toujours privilégiés les stylets pour ce type d’appareil. On a ici un exemple non pas d’un bidouillage mais bien d’une innovation (pour ne pas utiliser à tort le terme révolution). Quand Rue89 cite :
« Son génie n’était pas inventif. Il résidait dans son acharnement à prendre ce qui existait déjà et à le peaufiner inlassablement. »
Avant la sortie de l’iPhone, aucun smartphone ne pouvait prétendre posséder une technologie multi-point. (sauf peut-être quelques appareils extrêmement coûteux). Et encore moins être aussi simple d’utilisation que l’est l’iPhone aujourd’hui. Android n’est annoncé que quelques mois plus tard.
Je ne citerai même pas la fin de l’article puisqu’il n’a même plus aucun rapport avec le titre de celui-ci. On essaye au départ de regarder le côté « inventeur » ou « bidouilleur » de Steve Jobs et on tombe dans un état des lieux du caractère très spécial de Steve Jobs. Au passage tout ce que cite Rue89 provient d’un article d’un journaliste américain qui reprend lui-même les termes de la biographie de Steve Jobs qui est sortie le 26 octobre dernier.
Au final un exemple d’un article très léger autant sur le fond que sur la forme. En reprenant en partie l’article du journaliste Malcolm Gladwell qui utilise principalement comme source la biographie. Aucun effort au niveau de la précision des informations concernant Steve Jobs. Cette article m’a permis de faire ma critique de ce site d’information.
Pour finir cette critique en bonne forme et ne pas me focaliser uniquement sur un seul article je donne en bonus cet autre article, qui même pour les non-sportifs semblera un peu bizarre .